Amandine Minand

Photographe installée dans l’Ain, Amandine Minand a obtenu en 2024 le titre de Maître artisan d’art, décerné par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Auvergne-Rhône-Alpes. Elle raconte son parcours, sa passion pour le portrait et ce que cette reconnaissance a changé dans son quotidien.
Témoignage
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
La photographie m’accompagne depuis l’adolescence. Puis après mon baccalauréat, j’ai fait une école d’art à Lyon, en section photographie. On y apprend toutes les facettes du métier, mais je me suis très vite orientée vers le portrait, car c’est ce qui me plaisait le plus. Pendant un stage à Ambérieu, j’ai eu l’opportunité de racheter le studio photo à 24 ans, et tout a commencé ainsi. Ce qui me motive chaque jour, c’est la diversité : je photographie aussi bien des enfants, des personnes âgées que des professionnels.
Comment s’organise votre activité aujourd’hui ?
J’ai longtemps tenu une boutique à Ambérieu, mais aujourd’hui je travaille dans un grand studio de 200 m² entièrement dédié au portrait. Je réalise des photos de famille, des portraits professionnels, des séances dites « sexy », ainsi que des reportages en entreprise.
Pourquoi avoir choisi la spécialité du portrait ?
C’est venu tout naturellement. À l’école, j’ai touché à tout : mode, architecture, bijoux… Mais le jour où j’ai photographié des enfants, j’ai su que j’avais trouvé ma voie. Le portrait, c’est avant tout une rencontre, un échange vrai. Il raconte une histoire, capture une émotion, garde la trace des moments qui comptent. Il aide aussi à se réconcilier avec son image. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est ce moment où les gens se découvrent beaux sur mes photos. Beaucoup arrivent en doutant d’eux, repartent fiers et confiants. C’est ma plus belle récompense.
Comment avez-vous connu le titre de Maître artisan d’art ?
C’est la Chambre de Métiers et de l’Artisanat qui m’en a parlé lors d’une soirée Métiers d’art. J’en avais déjà entendu parler, mais c’est à ce moment-là que j’ai décidé de me lancer. La CMA m’a accompagnée pour constituer mon dossier : il faut justifier d’un diplôme ou de dix ans d’expérience, rédiger une lettre de motivation et expliquer son parcours. C’est une vraie démarche de valorisation de son savoir-faire.
Que représente pour vous le titre de Maître artisan d’art ?
Beaucoup de fierté, d’abord. C’est une belle reconnaissance, d’autant plus qu’elle vient de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat. Ce titre a une vraie valeur, il distingue un parcours, une exigence. Il n’a pas transformé ma façon de travailler : j’ai toujours visé l’excellence. Mais il renforce ma légitimité et ma visibilité. Les clients y sont sensibles. Certains me disent : « J’ai vu que vous étiez Maître artisan d’art, ça m’a donné confiance. » Ce titre crée un lien de confiance et m’aide à me démarquer dans un métier où la concurrence grandit chaque jour.
Vous formez également des jeunes étudiants photographes. Quelle place occupe la transmission dans votre parcours ?
J’ai accueilli plusieurs stagiaires au studio. Certains sont aujourd’hui à leur compte et on continue à échanger. Je leur prodigue des conseils, je leur envoie parfois des clients. C’est important de transmettre. Mais je trouve que c’est devenu plus difficile aujourd’hui. Beaucoup de jeunes se lancent seuls, sans accompagnement. Pourtant, on ne peut pas tout apprendre derrière un écran. L’échange avec des professionnels expérimentés, c’est essentiel pour progresser.
Quels sont vos projets pour la suite ?
Continuer à évoluer et à me former, pour rester dans la tendance. J’aimerais accueillir des formations dans mon studio, voire en proposer moi-même via la Chambre de Métiers et de l’Artisanat. La transmission, c’est une valeur qui me tient à cœur.