Frédéric Hilaire

Depuis sa reprise de la boutique Salaisons de Fix à Fix-Saint-Geneys en 2012, Frédéric Hilaire s'est engagé dans une démarche de modernisation durable.
Confronté à des infrastructures et à des équipements énergivores, il a sollicité l’expertise de la CMA à trois reprises, en 2015 et en 2025. Entre préconisations et actions d’envergure, il réussit aujourd’hui à allier rentabilité économique et réduction de son empreinte carbone dans un secteur d’activité exigeant.
Témoignage
Comment avez-vous fait de votre héritage familial votre métier ?
Je suis issu d’une famille de bouchers-charcutiers depuis mon arrière-grand-père et, tout jeune déjà, j’allais souvent dans la boutique de mes parents. J’ai bifurqué vers le secteur du froid et de la climatisation pour revenir ensuite à la filière carnée en reprenant une salaison en 2012. Je propose des fabrications artisanales à l’ancienne, sans additifs, sans conservateurs, sans colorants et sans nitrites pour certaines de mes fabrications.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Huit ans après la reprise, j’ai entrepris la rénovation complète du magasin et de l’atelier, avec l’intention de vendre également dans les grandes et moyennes surfaces (GMS). Aujourd’hui, la vente en boutique et la vente en GMS font quasiment jeu égal. Grâce à l’augmentation de mon volume d’activité, j’ai pu embaucher : d’un effectif de 5 – 6 personnes au démarrage, j’ai aujourd’hui 10 à 15 collaborateurs, en comptant les saisonniers. La GMS offre également l’avantage de lisser la fréquentation en magasin, davantage saisonnière.
Comment la CMA vous a-t-elle accompagné pour optimiser vos consommations ?
Le matériel et les locaux étaient vieillissants à l’époque de la reprise. Dès 2015, avant même les travaux de 2019 et 2020, je me suis tourné vers la CMA pour faire un bilan de mes consommations. Je voulais m’assurer notamment que mon offre de fourniture d’électricité était bien adaptée à mon activité, quitte à remettre en question mon fournisseur. Je recherchais un interlocuteur neutre pour m’affranchir de toute pression commerciale et éviter de perdre un temps précieux sur des moteurs de recherche avec des comparaisons pas toujours faciles à faire. La CMA remplissait ces critères. Depuis, j’ai un contrat et un fournisseur qui correspondent à mes besoins. Dix ans plus tard, en 2025, j’ai fait réaliser un second diagnostic flux avec la CMA pour vérifier l’efficacité de mes contrats et de mes investissements. J’ai également fait réaliser un diagnostic eau.
Quelles actions avez-vous engagées pour réduire vos consommations ?
J’ai concentré mes efforts sur la réduction de ma consommation d’électricité, avec l’isolation des bâtiments afin de ne pas avoir à chauffer en hiver et d’utiliser peu la climatisation en été. J’ai également optimisé l’éclairage avec le passage aux LED, l’installation d’horloges pour la boutique et de détecteurs de présence pour les pièces de passage et les sanitaires.
Quant à la production de froid, très énergivore, je suis passé à une centrale frigorifique au CO₂ de dernière génération qui adapte sa puissance en fonction de nos usages et des sollicitations du moment. Elle est aussi équipée d’un récupérateur de chaleur, redistribuée dans notre réseau d’eau chaude et pour le chauffage des séchoirs. Globalement, c’est une solution plus écologique. Le bâtiment est aussi équipé de panneaux solaires et la production est 100 % autoconsommée.
Côté matériel, mes machines sont aujourd’hui quasiment neuves. Elles consomment moins, même si elles restent énergivores, comme les fours ou les bacs pour désinfecter nos accessoires. Avec le rapport 2025 de la CMA, je verrai sur quels leviers je peux encore agir. J’ai déjà l’idée de décaler les horaires des temps de cuisson pour optimiser ma production solaire
En quoi l’accompagnement de la CMA a-t-il été utile dans votre démarche ?
L’accompagnement de la CMA est une aide et un point de départ indispensables pour engager des actions cohérentes et efficaces. On dispose d’un bilan qui permet de situer ses consommations d’énergie, de matières premières ou de consommables lorsqu’il s’agit du diagnostic flux. Avec les préconisations faites dans le bilan, on mesure les marges de progrès possibles, mais encore faut-il passer à l’action pour obtenir des bénéfices.
Dans mon activité, la consommation d’électricité, d’eau, de produits de désinfection et d’emballages a un coût financier et écologique. Cela m’interroge en tant que chef d’entreprise et citoyen. En stabilisant ma consommation d’électricité au niveau de 2015 alors que mon activité a doublé dans le même temps, en veillant au tri des déchets organiques, à la collecte de mes cartons, en utilisant un collecteur de bacs à graisses dans l’atelier ou, prochainement, des conteneurs pour mes déchets d’emballage (plastiques…), je prends ma part de responsabilité, comme le font également de plus en plus les consommateurs et les GMS en réduisant le gaspillage.
Que diriez-vous à un chef d’entreprise qui hésite encore à solliciter un diagnostic énergétique de la CMA ?
C’est une démarche complète et riche d’enseignements. Le diagnostic de la CMA est assorti de préconisations, complétées des bénéfices attendus, qui permettent d’agir en connaissance de cause et de hiérarchiser ses priorités. J’ajouterai que la neutralité de la CMA permet d’établir une relation de confiance. Certes, cela demande un peu de temps, notamment pour s’approprier les résultats, mais cet investissement est nécessaire et finalement très raisonnable au regard des enjeux.
