Hélène Ramez

Après une épreuve de vie, Hélène Ramez a choisi de transformer sa passion pour la photographie en véritable projet professionnel. Accompagnée par la CMA Drôme, elle a pu créer son entreprise sereinement et faire de son art un outil de reconstruction et de confiance en soi.
À 56 ans, la photographe drômoise a trouvé dans l’image bien plus qu’un métier : une manière d’accompagner, d’apaiser et de redonner confiance. « J’ai eu, depuis que je vis dans la Drôme, quelques accidents de la vie… dont un cancer », confie-t-elle. Une fois la maladie surmontée, Hélène reprend un travail « alimentaire », par nécessité. Mais très vite, le besoin de sens refait surface. « Après un cancer, c’est toujours très compliqué de se remettre dedans complètement. Et puis, j’ai eu droit à une rupture conventionnelle un peu forcée. Finalement, ça m’a permis de prendre le temps », explique-t-elle. Ce temps, elle le met à profit pour se reconstruire et réfléchir à une nouvelle voie, plus en phase avec ses aspirations profondes.
Témoignage
La photo comme nouvelle voie
Hélène rejoint alors le Centre Ressources de Montélimar, où elle suit un parcours de réorientation professionnelle. « J’ai choisi la photo parce que c’est quelque chose qui me tenait à cœur depuis des années. J’en faisais déjà un peu, en amateur », raconte-t-elle. Pendant ces six mois d’accompagnement, un déclic se produit : un proche lui demande de couvrir un mariage. « J’ai dit : “Je veux refaire ça !” Je voulais retrouver l’accompagnement humain, et j’ai compris que je pouvais relier les deux : l’humain et la photo. »
De la photo humaniste à la photo thérapeutique
Au Centre Ressources, Hélène anime un atelier autour de l’estime de soi. « C’est moi qui ai photographié mes congénères… Les retours ont été tellement forts, pour eux et pour moi, que je me suis dit : voilà, c’est ça que je veux faire. » Ce moment déclenche sa vocation : elle se lance dans un projet de photographie thérapeutique et humaniste, destiné à accompagner les personnes touchées par la maladie, les traumas ou simplement le poids du temps. « J’ai repris des cours pour être légitime. C’est un gros sujet chez moi, la légitimité. Je voulais être capable d’accompagner les gens avec sérieux et respect. »
Un métier tourné vers l’humain
Son approche s’adresse autant aux personnes fragilisées qu’aux seniors. « C’est une des prestations sur lesquelles je veux vraiment travailler. Et puis, au quotidien, photographier les gens, c’est ma façon de les aider à se voir autrement », explique-t-elle. Pour renforcer ses compétences, Hélène termine un certificat professionnel et suit une formation sur le terrain avec un photographe expérimenté. Son expérience de modèle depuis quinze ans lui donne un regard particulier sur les émotions de celles et ceux qu’elle photographie. « Je sais ce que c’est que de remonter son estime de soi en étant photographié. Et maintenant, en photographiant les autres, c’est un vrai bonheur. » Elle garde néanmoins les pieds sur terre : « Après, il va falloir que ça paye… Ça, c’est une autre histoire ! »
Créer son entreprise avec la CMA
C’est à ce moment-là, qu’Hélène décide de franchir le pas de l’entrepreneuriat, accompagnée par la CMA de Montélimar. « Je savais que je voulais être micro-entrepreneure pour commencer. Mais je voulais être accompagnée pour ne pas faire d’erreurs. Tant pis si cela prend du temps, je veux comprendre les choses et les faire bien. » Après un parcours complet – France Travail, Actif Créa, puis la CMA – elle concrétise enfin son projet. « Morgane m’a demandé : “Vous êtes prête à créer ?” À un moment, il faut se lancer. Le chiffre d’affaires viendra après, mais au moins je peux dire : oui, je suis professionnelle. »
Un accompagnement humain et rassurant
Entre les démarches administratives, la gestion du quotidien et la vie de famille, le chemin n’a pas toujours été simple. « Je suis toute seule, en plein travail, en pleine vente de maison, avec trois enfants… Alors parfois, c’est lourd », reconnaît-elle. Mais elle a trouvé auprès de la CMA une écoute et un soutien constants. « Morgane et Laetitia, à la CMA, sont extrêmement professionnelles, et à l’écoute. Et on sent qu’elles sont là. » Les formations suivies lui ont permis d’évoluer sereinement. « Celles qui me restent sont vraiment des formations métier et terrain. Et ça, ça me va très bien. » Elle choisit aussi de déléguer les tâches qui ne relèvent pas de son cœur de métier. « Tout ce qui n’est pas la photo, je préfère le faire faire, pour que ce soit bien fait, tout en apprenant. Ça me permet de me concentrer sur la photo et le contact humain. »
Se lancer, mais bien entouré
Pour Hélène, créer son entreprise demande du temps et une bonne préparation. « Se lancer, ça se mûrit. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait du jour au lendemain. L’administratif, ça peut être compliqué si on ne coche pas toutes les bonnes cases ! » Mais elle reste optimiste et encourage ceux qui hésitent : « Se lancer à tout âge, c’est possible. Il faut juste savoir s’entourer. Je ne pourrais pas tout faire seule. » Et pour elle, la CMA est l’acteur clé de cette réussite. « À Montélimar, je dirais à quelqu’un : “Vas-y !” La Chambre de Métiers, c’est vraiment l’étape décisive pour concrétiser son projet. Les formations ont un coût, oui, mais c’est un coût légitime et important, parce qu’il permet de ne pas se casser les dents. »
Aujourd’hui, Hélène poursuit son chemin pas à pas, dans un métier où chaque séance photo est une rencontre. « Photographier, pour moi, c’est remettre de la lumière sur les gens. Leur redonner confiance, les reconnecter à eux-mêmes. C’est ça, mon vrai métier. »