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Laetitia Henard

À Chambéry, Laetitia Henard, que tout le monde appelle Lyssia, a fait de la photographie un art de révélation. Photographe portraitiste de France, aujourd’hui Maître artisan d’art, elle capture la lumière, mais surtout les émotions. Accompagnée par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, Lyssia raconte comment le titre de Maître Artisan lui a permis de faire grandir son activité et de valoriser sa démarche artistique.

Témoignage

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours personnel et professionnel ?

Je m’appelle Laetitia, je suis photographe portraitiste de France et Maître artisan d’art, installée à Chambéry, en Savoie. Depuis plus de dix ans, je me consacre à la photographie de portrait en studio, avec pour fil conducteur l’émotion, la lumière et la bienveillance. Mon univers tourne autour de la photographie humaine : je propose des séances studio, aquatiques, familiales ou corporate, mais aussi des séances autour de l’estime de soi, pour permettre à chacun de se (re)découvrir à travers l’image. Je suis aussi maman de trois garçons, dont l’aîné est porteur d’un polyhandicap et d’un autisme atypique. Cette expérience a profondément façonné ma vision du monde et de mon métier. Elle m’a appris à écouter, à observer, à m’adapter, et à révéler la beauté singulière de chaque personne.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de candidater au titre de Maître artisan ?

C’était une étape naturelle et symbolique dans mon parcours. Depuis mes débuts, j’ai toujours cherché à me former, à progresser et à transmettre. Obtenir le titre de Maître artisan, c’était une façon de reconnaître ces années d’exigence et de passion, mais aussi de valoriser l’évolution de mon entreprise, passée d’une micro-entreprise à une structure plus affirmée. C’est également une manière de mettre en lumière les métiers d’art, souvent méconnus, et de montrer que la photographie, quand elle s’inscrit dans une véritable démarche artistique, a toute sa place parmi eux.

Comment avez-vous vécu le parcours qui mène au titre ?

La démarche a été à la fois exigeante et introspective. Préparer le dossier m’a obligée à revenir sur mon parcours, à mesurer le chemin parcouru, mes réussites et mes remises en question. C’était un peu comme raconter mon histoire en images, mais avec des mots cette fois. Heureusement, j’ai été bien accompagnée, notamment par Paola de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, qui m’a aidée à structurer mon dossier et à mettre en valeur mon savoir-faire. Cette étape m’a permis de redonner du sens à ma pratique et de mieux comprendre à quel point mon métier est lié à l’humain et à la transmission.

Comment la CMA vous a-t-elle accompagnée ?

J’ai trouvé à la Chambre une écoute bienveillante et une vraie compréhension de la sensibilité de mon travail. Mon interlocutrice a su percevoir les enjeux de mon métier et les défis du quotidien d’une photographe artisan. Grâce à cet accompagnement, j’ai pu valoriser la dimension à la fois artistique et artisanale de mon activité, et constituer un dossier fidèle à ma personnalité et à mes valeurs.

Qu’est-ce que ce titre a changé pour vous ?

Ce titre m’apporte une immense fierté et une légitimité nouvelle. Il reconnaît mon savoir-faire, mais aussi l’engagement humain et émotionnel que je mets dans chacune de mes séances. Il me pousse à aller plus loin, à poursuivre mes formations, notamment en art-thérapie et en photo-thérapie, pour proposer des accompagnements plus profonds autour de l’image de soi. Je prépare d’ailleurs un projet photographique sur le handicap invisible, un thème qui me touche particulièrement en tant que parent aidant. Le titre de Maître artisan me donne la force et la crédibilité nécessaires pour porter ce type de projet à plus grande échelle.

Avez-vous constaté un impact sur votre image ou vos collaborations ?

Oui, sans aucun doute. Le titre de Maître artisan apporte une reconnaissance immédiate auprès de ma clientèle et renforce ma crédibilité auprès de partenaires ou d’institutions culturelles. Mes clients perçoivent encore davantage la dimension artistique et sur mesure de mon travail, ce qui renforce leur confiance et met en valeur le savoir-faire local que je défends à Chambéry et dans toute la Savoie. Ce titre ouvre aussi de nouvelles perspectives de collaborations artistiques avec d’autres artisans et créateurs. Ces échanges sont très inspirants.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui hésitent à se lancer ?

Je leur dirais d’y aller, avec sincérité. Cette démarche n’est pas qu’une formalité administrative : c’est une véritable réflexion sur soi, sur son métier, sur son identité. Il faut y aller avec le cœur, car le dossier raconte une histoire : la vôtre. C’est une aventure exigeante, parfois émotive, mais profondément formatrice. Et au bout du chemin, il y a une grande fierté : celle de voir son travail reconnu, non seulement comme une activité, mais comme un art. Être Maître artisan, c’est plus qu’un titre : c’est la reconnaissance d’un savoir-faire, d’une sensibilité et d’un engagement humain.

Vous aussi, obtenez le titre de Maître Artisan