Michelle Froideval

À Saint-Jean-le-Vieux, dans l’Ain, Michelle Froideval redonne vie à des meubles oubliés. Avec son atelier "Les Oubliés d’M Encore", cette rénovatrice de meubles anciens, transforme, modernise et sublime des objets destinés à l’abandon. Elle partage ici son parcours, son métier et son retour d’expérience sur la formation "Déterminer ses coûts de revient et prix de vente" proposée par la CMA.
Témoignage
Pouvez-vous nous présenter votre parcours et ce qui vous a menée à créer votre activité ?
Je suis à mon compte depuis décembre 2022 dans la rénovation de meubles anciens. Avant ça, j’étais technico-commerciale chez un grossiste de matériel électrique. J’y suis restée 14 ans, mais après un rachat, il y a eu beaucoup de changements et je ne m’y retrouvais plus. Cette envie de faire autre chose me trottait déjà dans la tête, alors j’ai décidé de me lancer dans une activité qui me ressemblait davantage. J’ai toujours aimé bricoler, peindre, dessiner… Alors la rénovation de meubles anciens s’est imposée naturellement.
Comment définiriez-vous aujourd’hui votre métier ?
C’est un métier un peu hybride, qui n’a pas vraiment de nom officiel. Je me présente comme rénovatrice de meubles anciens. Ce n’est pas de la restauration au sens strict, car je ne refabrique pas les pièces, je transforme l’apparence de meubles pour leur redonner une nouvelle vie et un nouveau style. L’idée est d’avoir quelque chose d’unique dans son intérieur, pas comme le voisin.
Concrètement, en quoi consiste votre activité ?
Je récupère ce que les gens s’apprêtent à jeter, du mobilier ancien ou des objets de décoration que les gens jugent dépassés ou démodés. Mon but, c’est de limiter le gaspillage, de remettre ces pièces en valeur, et de les reproposer à la vente. Je peux repeindre un meuble, poser du tissu, de la tapisserie, faire des pochoirs, ajouter de la cire…
Et quels types d’objets travaillez-vous ?
Oui. Je bricole depuis toujours. Je n’ai pas suivi de formation spécifique pour apprendre à rénover. Mais dès le début, je me suis rapprochée de la CMA via leur Pass Liberté. C’est un abonnement mensuel qui donne accès à des rendez-vous personnalisés et des formations. Pass CMA Liberté – Profession libérale – CMA Auvergne-Rhône-Alpes
Qu’est-ce qui vous a poussée à suivre la formation « Déterminer ses coûts de revient et prix de vente » ?
Après deux ans d’activité, j’avais besoin de faire un point. J’avais créé mon tableau de prix toute seule au début, mais je voulais savoir s’il était bien construit, si je n’oubliais rien, si j’étais dans les bons prix. J’ai appelé la CMA pour leur expliquer mes besoins, et ils m’ont orientée vers cette formation.
Comment s’est déroulée la formation ?
Elle a eu lieu sur une journée. Nous étions trois artisans. La formatrice nous a guidés pour revoir toutes les étapes du calcul d’un prix de revient : les charges, les matières premières, le temps de travail, les objectifs de salaire… En tant qu’auto-entrepreneuse, je fais tout toute seule, donc je n’ai pas de service de communication, de comptabilité ou de logistique. Et pourtant, toutes ces tâches doivent être intégrées dans le prix. Ce sont des éléments auxquels on ne pense pas forcément, mais qui font partie de notre travail.
Et cette formation vous a-t-elle été utile ?
Oui, elle m’a permis de confronter mes objectifs à la réalité. J’ai fait le calcul de mes heures vendues en 2024, et j’ai constaté que pour atteindre le revenu que je vise, je devrais vendre 600 heures de travail. Or, j’en suis à 200 pour l’instant… Il m’en manque donc les deux tiers. Ça m’a permis de prendre conscience de là où j’en suis, et de ce que je dois faire pour progresser.
Que prévoyez-vous de mettre en place à la suite de cette formation ?
Je dois d’abord mettre à jour mes tableaux. Aujourd’hui, je note mes heures sur papier, meuble par meuble. Il faut que je les centralise de manière informatique, pour avoir une vision claire à la fin de l’année : combien d’heures j’ai réellement vendues, par rapport à mes objectifs.
Ensuite, je compte aussi travailler aussi sur ma communication. Je pense que si mes ventes sont limitées aujourd’hui, c’est lié à mon manque de visibilité. Donc je vais développer mon site internet, le référencement et je prépare une grosse communication pour la fin de l’année, car je vais changer de local. Ce sera une belle occasion de faire parler de moi et d’attirer de nouveaux clients.
Recommanderiez-vous cette formation à d’autres artisans ?
Oui, mais je ne recommande pas de la suivre dès qu’on se lance. Je pense qu’il faut avoir un peu de recul, au moins un an ou un an et demi d’activité. Si je l’avais faite au tout début, ça aurait été trop abstrait pour moi. Aujourd’hui, avec deux ans et demi d’expérience, j’ai pu vraiment comprendre les notions abordées, les mettre en lien avec mes propres chiffres. C’est très concret, très utile. Et en plus, c’est une journée seulement. Je la recommande vraiment à celles et ceux qui veulent faire un point sur leurs prix, leur rentabilité, et s’assurer qu’ils ne travaillent pas à perte.
Vous avez suivi d’autres formations avec la CMA ?
J’avais fait une formation au moment du lancement, pour les micro-entrepreneurs. On y apprend les bases : les statuts, la gestion, la trésorerie, les obligations, une première approche du calcul des prix de revient… Ça m’avait bien aidée pour démarrer. Grâce au Pass Liberté, je peux bénéficier de plusieurs jours de formation par an, et même de rendez-vous de conseil personnalisés. Ça me permet de ne pas rester seule face à mes doutes, et de continuer à apprendre à mon rythme. Il y a toujours quelque chose à en tirer, même si on ne le comprend pas tout de suite, ça peut resservir plus tard.