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Sylvain Segard

Entretien avec Sylvain Segard, ancien boulanger, qui a décidé de se reconvertir en maintenance de cycles, en 2024 à Saint-Martin d’Hères. Il nous parle de son projet de reconversion et de l'aide de la CMA dont il a bénéficié avec le Conseil en Evolution Professionnel (CEP).

Témoignage

Pouvez-vous nous raconter votre parcours dans l’artisanat ?

J’ai toujours voulu être boulanger, c’était une vocation. Depuis que je suis petit, ça a toujours été une passion et ça l’est toujours. Mais c’est un environnement qui peut être compliqué, et au bout de 21 ans de travail, cela a joué sur ma santé respiratoire. J’ai donc décidé dans un premier temps de trouver autre chose, grâce à l’accompagnement CEP (Conseil en Évolution Professionnelle), tout en gardant un pied dans la boulangerie. J’ai commencé le parcours CEP en mars 2024 alors que je travaillais encore en boulangerie. Finalement j’ai fait le deuil de tout ça. C’est ma passion, donc c’était difficile pour moi de continuer à moitié, alors pour préserver ma santé, j’ai préféré arrêter.

Pour vous lancer, vous avez donc entrepris un accompagnement avec une conseillère en évolution professionnelle ?

J’ai entendu parler du Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) en me renseignant sur mon Compte Personnel de Formation (CPF). Ensuite sur le site de Transition Pro, qui gère cette partie reconversion professionnelle lorsqu’on demande une formation continue, j’ai vu que la CMA de l’Isère fait partie du réseau et propose des rendez-vous dans le cadre du CEP, alors j’ai foncé.

Je connais bien la CMA, du fait de mon métier de boulanger. J’étais venu à de nombreuses reprises pour d’autres accompagnements, et cela s’est toujours bien passé. J’ai trouvé naturel de prendre rendez-vous à la CMA avec une conseillère CEP. Je savais que cela allait m’aider et que j’allais être bien conseillé.

Comment cela s’est-il passé ?

J’ai eu trois rendez-vous avec ma conseillère CEP, avec qui cela s’est vraiment bien passé ! Lors du premier rendez-vous, on a « ratissé » large pour identifier pourquoi j’étais là, ce que je voulais faire… J’avais préparé trois propositions de ce que j’aimais faire, avec un ordre de préférence. La conseillère m’a beaucoup aidé, elle était très rapide et très efficace. Elle m’a aidé à détailler mon projet de reconversion pour le présenter à Transitions Pro, en ajoutant des choses que je n’avais pas pensé à mettre. L’accompagnement était aussi essentiel pour la partie financement. Mon CPF n’était pas plein, il manquait 1 400 € et ma conseillère CEP a réussi à trouver une prise en charge complémentaire avec Transition Pro. Cela m’a permis de me faire financer ma formation et de garder mon salaire de responsable boulanger pendant les trois mois de la formation. Mon employeur continuait de me payer et il était remboursé par Transition Pro. Malgré tout ça, mon projet a quand même été rejeté en première instance. On avait seulement deux semaines pour faire un recours, en plus entre juillet et août. Nous avons retravaillé le dossier, fait des phrases courtes et concises pour argumenter le choix de l’organisme de formation. Finalement mon projet de reconversion professionnelle a été validé. J’ai pu débuter ma formation à l’Institut de Formation du Vélo de Voiron début septembre 2024. Depuis, j’ai réussi les examens, validé le diplôme et trouvé un nouvel emploi.

Comment cet accompagnement a-t-il contribué au développement de votre projet ?

Je n’ai pas arrêté de répéter « ce diplôme on l’a eu à deux ! » Pour moi, sans la conseillère CEP, je n’aurais pas réussi à avoir le financement pour cette formation et je n’aurais pas eu mon diplôme. Quand j’ai fait ma formation, je me suis rendu compte que la plupart des personnes présentes avaient essuyé plusieurs refus et perdu parfois un ou deux ans avant d’obtenir le financement de leur formation. Cet accompagnement m’a permis d’avoir tout de suite les bons éléments, le bon vocabulaire, la bonne méthode pour présenter mon projet, et m’a permis de trouver les fonds nécessaires.

Dans cette reconversion, vous vous êtes à nouveau tourné vers un métier de l’artisanat, c’est important pour vous ?

C’est vrai, j’ai un parcours artisanal de bout en bout. J’ai toujours fait du vélo, pour aller au travail ou le week-end, c’est une culture chez moi. Je pratique le triathlon depuis peu, et le vélo c’est un peu mon autre passion. Alors je trouvais cela logique de me réorienter dans ce domaine. J’ai passé un diplôme de « Technicien vendeur cycles ». J’ai donc la double casquette artisanale et commerciale. J’aime la relation client, le contact avec les clients, pouvoir partager et échanger autour de ma passion du vélo. Et j’aime beaucoup le côté maintenance, travailler de ses mains, c’est aussi très important pour moi. Les vélos représentent beaucoup pour certains clients, alors les remettre en état cela a beaucoup de sens.

Recommanderiez-vous de passer par le CEP ?

Oui, clairement ! J’étais à moitié sûr de ce que je faisais au début, c’était l’inconnu. Le but c’était de valider mes démarches, mais je craignais d’oublier des documents… Quand on a quelqu’un qui nous accompagne de A à Z sur tout ce qu’on fait, c’est extrêmement rassurant. Et cela m’a permis de tout valider et de le faire beaucoup plus rapidement. Quand j’ai rappelé ma conseillère pour lui annoncer que j’avais eu mon financement, puis mon diplôme, je lui ai dit qu’on les avait eus à deux, il n’y a pas d’autres mots !

Vous aussi, faites-vous accompagner par la CMA !